Archives de Catégorie: International

La guerre, comme si vous y étiez (AVERTISSEMENT : images choc)(AJOUT)

Une vidéo très éloquente montrant un assaut mené par ce qui semble être des forces d’opérations spéciales et des militaires irakiens.

L’unité irakienne est identifiée comme étant le 36e bataillon commando, une unité d’opérations spéciales irakienne.

La présence de militaires américains à leurs côtés suggère que ces derniers appartiennent à un groupe des US Army Special Forces – les fameux Green Berets – dont une des tâches est la formation de militaires étrangers.

L’existence du 36 Commando ne peut être confirmée – article Wikipedia exclu – que par cette transcription obtenue via CNN.

Quelques erreurs apparentes dans la description de la vidéo – La seule "Task Force Viper" à laquelle l’OTAN fait officiellement référence opère en Afghanistan -viennent toutefois en ternir la crédibilité quant à l’identification des unités, bien qu’une analyse sommaire suggère fortement que ce sont bel et bien des troupes d’opérations spéciales :

- l’équipement (viseurs holographiques, équipement de communication, modèle de casque)

- le type de mission : la prise d’une mosquée – qui semble d’ailleurs un lieu assez important de par son apparence – nécessite une opération très chirurgicale.

AJOUT : Une deuxième vidéo de l’assaut. Il semble qu’elle ait été filmée en 2004 lors de la bataille de Samarra en octobre 2004. (Merci à Phil pour les précisions)

AJOUT 2 : Le 36 Commando existe bien. Tout porte à croire que la vidéo est authentique.

Le parent pauvre de l’actualité québécoise – plaidoyer pour une couverture internationale de terrain

Un mendiant afghan. (auteur inconnu)

(Note : Ceci est une analyse partielle visant surtout à générer une discussion. Elle n’a rien d’exhaustif)

On savait déjà que l’actualité internationale avait la vie dure…C’est maintenant quantifié.

Selon Influence Communication, la part de la couverture internationale dans les médias québécois accuse déjà un retard par rapport à l’an dernier, passant de 8,1% en 2011 à un maigre 1,9% en ce début d’année.

En 2010, la proportion était de…8,4%.

Comment expliquer la faible représentativité des nouvelles internationales dans le paysage médiatique québécois?

Influence lance une hypothèse néanmoins intéressante : Les deux dernières années furent exceptionnellement riches en actualité internationale – crise économique, violences en Grèce, printemps arabe, chute de la Libye, fin de la participation canadienne à la guerre en Afghanistan – et le pourcentage revient naturellement plus près de la moyenne de la dernière décennie médiatique, soit 1,8%.

Malheureusement, l’explication n’est que partielle.

Ajoutons trois autres facteurs – la dictature de l’audimat, la rareté des plateformes appropriées et ce que je décrirai comme "la manne des médias sociaux".

Je ne parlerai pas du cas de Radio-Canada puisqu’il est non seulement un diffuseur public jouissant d’un important financement, mais il est déjà notoire qu’elle possède des correspondants un peu partout. (Ce qui, toutefois, n’explique pas son mutisme par rapport aux violences que connaît le Sénégal.)

D’entrée de jeu, soulignons le fait que le bulletin de nouvelles le plus regardé au Québec – celui de TVA – met l’accent sur l’information locale et régionale, tout comme le journal-amiral de l’empire Quebecor qui n’affecte aucun de ses journalistes à l’international, contrairement à son principal concurrent. Quant au Devoir, il compte non seulement sur les agences de presse mais aussi sur des pigistes, donnant à des journalistes indépendants la chance de "jouer" les grands reporters dans un quotidien de prestige, sans oublier son correspondant à Paris. Le Journal de Montréal est le quotidien le plus lu au Québec. Connue pour orienter le contenu de ses médias selon une ferme logique de marché, l’entreprise de PKP mise donc presque exclusivement sur une information locale, y allant d’une philosophie de proximité basée sur la réception de leur audimat, qui se traduit en cotes d’écoute/ventes/abonnements.

"Les actualités internationales n’intéressent donc que peu de monde", me répondra-t-on.

Je suis d’accord qu’une information locale forte est importante pour bien comprendre notre société. Mais comment se prétendre "citoyens du monde" et ouverts si on ne s’informent pas sur ce qui passe ailleurs?

Le paysage médiatique québécois compte, hélas, peu de magazines consacrés à l’actualité brute et aux reportages internationaux – un seul, en fait, L’Actualité. Peut-être le marché québécois est-il trop petit pour mimer un pays comme la France avec ses Marianne, Le Point, L’Express et autres Nouvel Observateur. Mais même en incluant l’offre pancanadienne, une énumération rapide rajoute sur la pile deux autres magazines majeurs, Maclean’s et The Walrus.

Tous ces médias savaient, jusqu’à tout récemment, qu’une bonne couverture internationale nécessitait le déploiement d’une armée de journalistes et de correspondants au quatre coins du globe. C’était avant l’arrivée des réseaux sociaux. Le tsunami d’informations provenant de partout sur la planète 2.0 – pensons juste au printemps arabe – a peut-être créé chez certains patrons de presse l’illusion que la collecte d’informations à l’étranger via Facebook, Twitter et autres blogues serait la prochaine panacée, bon marché, et difficile à demander mieux comme diversité de sources.

L’imposture de la "blogueuse-syrienne-lesbienne-en-fait-homme-hétéro-bloguant-d’Édimbourgh" est venue à elle seule jeter le seau d’eau au visage d’une planète médias délirante et humiliée après avoir repris son histoire tel quel.

De toute façon, la meilleure lucarne à-travers laquelle observer les grands événements qui bouleversent notre monde est celle de notre propre regard. Les journalistes ont la mission de rapporter ces histoires recueillies des gens qui les vivent, mais non sans en avoir épuré notre propre incompréhension tout en préservant la fraîcheur du témoin en terre inconnue.

AJOUT : Je ne parlerai pas du cas de Radio-Canada puisqu’il est non seulement un diffuseur public jouissant d’un important financement, mais il est déjà notoire qu’elle possède des correspondants un peu partout. (Ce qui, toutefois, n’explique pas son mutisme par rapport aux violences que connaît le Sénégal.)

Haro sur Anne Nivat en Russie ou quand les journalistes font leur boulot

Anne Nivat. Crédit : auteur inconnu (via Facebook)

À l’opposé de l’ours, symbole animal du pays, la démocratie russe est une bête fragile et les journalistes occidentaux – du moins ceux qui font leur boulot – semblent y être, surprise, persona non grata alors que s’y déroule une élection présidentielle ternie par des accusations de fraude et de corruption envers le gouvernement sortant.

C’est donc via Facebook que j’ai appris qu’une de mes idoles journalistiques, la Française Anne Nivat, a été expulsée du pays alors qu’elle a été prise en flagrant délit de crime de lèse-tsar. À savoir : elle arpentait les régions de Russie afin de recueillir de l’information sur l’opposition au Premier Ministre Vladimir Poutine, qui brigue la présidence à l’élection du 4 mars prochain comme s’il ne l’avait jamais vraiment quittée. Elle a été interceptée par la police des migrations russe à un hôtel de la ville de…Vladimir.

Ironie, quand tu nous tiens…

Anne Nivat est une de ces journalistes qui inspirent mes ambitions de carrière. Grande reporter internationale, elle est spécialiste des questions russes et elle a également couvert les guerres en Afghanistan et en Irak. L’ouvrage Les brouillards de la guerre relate d’ailleurs sa rencontre avec les militaires canadiens et sa couverture du dernier chapitre de la participation canadienne à la guerre contre les insurgés, Talibans et autres, dans la province de Kandahar. J’ai eu la chance et l’honneur de la rencontrer au cours d’une causerie tenue en octobre dernier à la librairie Olivieri, chemin de la Côte-des-Neiges. Une femme remarquable, une auteure aux récits touchants et une journaliste chevronnée qui a su, contrairement à l’image de loup solitaire qui caractérisent les grands voyageurs, à équilibrer travail et famille.

Elle fut une des premières journalistes occidentales à avoir pu rapporter la vérité sur la guerre en Tchétchénie. Son secret? La collecte d’infos à ras-le-sol. Vêtue telle une tchétchène, elle a pu ainsi silloner le pays ravagé par l’occupation russe en évitant – du moins au début – les regards suspicieux. Expulsée de Tchétchénie après avoir été arrêtée dans la maison d’une famille locale, elle est donc certainement connue des autorités russes qui lui avaient d’ailleurs émis un visa d’affaires pour son séjour.

Apparemment, la pratique du journalisme ne sont pas des "affaires" en territoire russe…

Article du Wall Street Journal.

Communiqué de Reporters Sans Frontières.

AJOUT 1 : Intimidation sur la page Facebook d’Anne Nivat par un "ami" russe. Le verbatim :

"Chere (sic) Anne,
Je vois avec un immense plaisir que vous avez ete (sic) – enfin! – expulsee (sic) de Russie. Vous avez une immense chance que mon pays soit une democratie (sic), dans d’autres pays vous auriez ete executee (sic) d’une balle dans la nuque. A force de cracher a longueur d’annee (sic) sur un pays ou vous vivez, on franchit le point de non-retour! Je vous souhaite bon vent, et attends les articles outres des pisse-copies du monde, liberation (sic) etc. En esperant (sic) que d’autres crapules de votre genre suivent le meme (sic) chemin"

Partisan pro-Poutine? Oeuvre d’une cellule d’opérations psychologiques (PSYOPS) russe?

AJOUT 2 : Les autorités russes pourraient renverser leur décision.

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